C’est la fashion Révolution Week

Cela me tenait à cœur de t’expliquer ce qu’est la fashion week, l’intérêt de cette semaine de campagne, les différentes revendications et surtout les avancées en matière de protection des travailleurs.

Fashion Révolution, c’est quoi ?

 

La fashion révolution week est une semaine de campagne lancée par le mouvement Fashion Révolution, né suite à l’éffondrement du Rana Plaza en 2013 au Bangladesh.

De cet évènement tragique est né une véritable mobilisation internationale puisqu’on estime que 6 ans après, plus de 275 millions personnes participent à la Fashion Révolution Week à travers le monde, interpellant ainsi leurs marques favorites avec le fameux #Whomademyclothes .

Les revendications

Si de plus en plus de personnes ont décidé de rejoindre le mouvement et de participer à la campagne #Whomademyclothes, c’est surtout parce qu’elles souhaitent avoir plus d’informations sur l’origine de leurs vêtements : Dans quelles conditions ont-ils été produits ? La personne qui a fabriqué la pièce de vêtement a-t-elle reçu un salaire suffisant pour subvenir à ses besoins ?

La principale revendication est donc de demander plus de transparence dans les chaînes de textile, car tu le sais sûrement, l’industrie de la mode en plus d’être polluante, a énormément d’effets négatifs sur le plan social notamment ces deux-ci :

Un salaire trop bas et une protection sociale insuffisante pour les travailleurs

Un t-shirt à 5 euros qui coûte le prix d’un sandwich, c’est impossible à avoir, cela signifie qu’il existe un maillon faible dans la chaîne.

Les travailleurs dans les pays en voie de développement sont soumis à de nombreux abus : beaucoup d’entre eux ne perçoivent pas un salaire suffisant pour subvenir à leurs besoins vitaux et à ceux de leurs familles. Ils sont soumis à des pressions importantes pour assurer une certaine rentabilité. Sans oublier le côté sexiste : Comme ce sont principalement des femmes qui travaillent dans cette industrie représentant ainsi 80% de la main-d’œuvre mondiale, il existe notamment plusieurs violations sexistes comme le harcèlement sexuel, discrimination ou violence.

L’effondrement du Rana Plazza permet de rappeler aux gens du monde entier que derrière les strasses et paillettes que nous vendent les marques à travers le marketing, se cachent des millions de visage, qui méritent eux aussi de vivre correctement.

La situation a-t-elle évolué depuis l’éffondrement du Rana Plaza ?

Malheureusement pas tellement. Comme le souligne Catherine Dauriae de l’ONG « Asian Floor Wage » : «  Là-bas, le salaire vital n’est toujours pas respecté, souligne Catherine Dauriac. Les ouvriers touchent actuellement environ 86 euros par mois, alors que le salaire décent qui couvre les besoins vitaux : l’alimentation, le logement, la santé et l’habillement serait de 385 euros »

Le mouvement Clean Clothes Campaign que tu connais peut-être avertit régulièrement sur le greewashing des grosses enseignes. Notamment le cas de la marque H&m qui alors qu’elle lance une collection pseudo conscious depuis 6 ans, n’est toujours pas en mesure de rémunérer correctement ses travailleurs comme le démontre ce rapport-ci.

Un manque de contrôle de la sécurité des bâtiments :

L’ effondrement du bâtiment Rana Plazza aurait pu être épargné si des contrôles plus réguliers des normes de sécurité du bâtiment avaient été effectués. Pour éviter que la situation ne se reproduise, un accord d’une durée de 5 ans avait été mis en place au Bangladesh après la chute du building: « The Accord on Fire and Building ». Cet accord avait été signé en 2013 entre les entreprises sous-traitant dans les pays en voie de développement et les principaux syndicats internationaux afin que l’on puisse mettre en place des inspections de sécurité indépendantes dans les usines ainsi qu’unmécanisme de plainte et de formation des travailleurs.

Aujourd’hui, malgré son renouvellement, l’existence de cet accord est menacée notamment par les propriétaires des usines et le gouvernement bangladais. Retrouvez plus d’informations dans l’article très intéressant de Achact.

Qu’est-ce qui est mis en place pour le futur?

Grâce à cet intérêt croissant des consommateurs, les choses bougent de plus en plus heureusement.

Au niveau international

Une charte auprès des Nations-Unies a été mise en place appelée la « Fashion Charter for Climate Action » . A travers cet instrument de 7 pages, 43 acteurs de la mode se sont engagés à identifier les moyens à mettre en œuvre pour que le secteur de la mode puisse évoluer en faveur de l’action climatique avec pour objectif d’atteindre d’ici 2050 une neutralité carbone.

Les signataires ont par exemple défini des mesures concrètes, comme l’élimination de chaudières à charbon ou autres sources de production de chaleur et d’électricité au charbon dans leurs propres entreprises et fournisseurs directs dès 2025. Ce qui est assez symbolique est que la charte est entrée en vigueur ici le lundi 22 avril, premier de la fashion révolution.

 

Au niveau national

Des pays comme la France ou l’Angleterre ont adopté ces dernières années des lois nationales obligeant leurs entreprises nationales respectives à avoir un devoir de vigilance dans leurs chaînes de production.

La France fut le premier pays à adopter une législation contraignante sur le respect des droits humains et de l’environnement par les multinationales. Cela signifie que ces entreprises « ont désormais l’obligation légale d’identifier et de prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement qui résultent non seulement de leurs propres activités, mais aussi de celles de leurs filiales, et de celles des sous-traitants et fournisseurs avec lesquels elles entretiennent une relation commerciale établie, en France et dans le monde »

En Belgique, il n’existe à l’heure actuelle aucun instrument juridique similaire et selon l’institut de recherche Hiva-KU Leuven la Belgique est bien à la traîne comparé à ses pays voisins.

Par contre, de plus en plus d’acteurs se mobilisent, comme ce collectif de signataires comprenant différentes ONG : « Nous demandons une loi belge qui oblige les entreprises à respecter effectivement les droits humains et l’environnement, tout au long de leurs filières d’approvisionnement internationales ou dans leurs filiales à l’étranger, et qui les rende légalement responsables si elles ne le font pas. »

Cette obligation découlerait du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels que la Belgique a ratifié et impose aux entreprises de respecter les droits humains en appliquant le principe du devoir de vigilance, principe qui comprend l’identification, prévention efficace et la remédiation des risques de violations des droits humains.

Bref, voilà si tu as l’entièreté de cet article, c’est que tu es courageux et que le sujet t’intéresse vraiment. J’espère que cela t’a plu 🙂

 

Aah btw : Comment rejoindre le mouvement ?

C’est simple : l’idée est de prendre une photo de soi avec le hastagh #Whomademyclothes , taguer tes marques favorites et de poster cette photo sur les réseaux sociaux. C’est simple, c’est rapide, mais ça peut avoir un énorme impact et faire changer les choses J

Si tu as des questions ou que tu désires plus d’informations, n’hésite pas !!

A très bientôt

Launy

 

Ps : Articles intéressants à lire :

Carte blanche pour une loi sur le devoir de vigilance en Belgique

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *